Image Image Image Image Image

Le lien perdu

Recréer le lien perdu.

Dans toutes les mers du monde, les baleines à bosse ont, pendant des milliers d’années, nourri des liens qui perdurent encore aujourd’hui avec les hommes qui peuplent les côtes auprès desquelles elles vivent.

Nous observons partout dans le Monde la volonté des baleines à bosse de s’approcher des hommes, de passer du temps en leur compagnie, de nager avec eux, d’échanger avec eux leur musique, leur son… partout sauf dans les Caraibes….

Pourquoi ?

Pour comprendre, il faut se replacer dans un contexte historique, réaliser que les liens que les baleines ont avec les peuples premiers datent de plusieurs millénaires.

Ainsi les Tinglits du Nord Ouest Américain, les Aborigènes du Sud Est Australien, les Maoris de Kaikoura, le peuple Mayumba en Afrique de l’Ouest, les Hawaiiens, les Polynésiens et tant d’autres ont pu en plusieurs milliers d’années tisser des liens puissants, basés sur le respect et souvent l’échange avec ces baleines.

– Le respect car ces baleines sont considérées par les peuples premiers, soit comme des membres de la famille, les Tinglits notamment les considèrent ainsi et le fait chez eux de manger leur chair est assimilé au cannibalisme, soit comme des divinités, les Hawaiiens les nomment « Koholas » les déesses de la mer, qui sont entourées d’une immense sphère de Mana, l’énergie pure, gardienne de la spiritualité.

– L’échange, car le chant des baleines se retrouve dans les chants chamaniques des peuples qui les écoutent depuis des milliers d’années, mais aussi, on peut retrouver des mélodies humaines dans le chant des baleines… ( voir La recherche de la musique disparue des Kalinagos )

Dans les Caraibes, les peuples pré colombiens ont certainement eu ces mêmes liens avec les baleines à bosse, ces baleines considéraient ces peuples comme leur famille, jusqu’en 1492…

1492, l’arrivée des Européens a sonné le glas de ces civilisations, Kalinagos, Caraibes, Taïnos, Arrawaks, ces peuples furent progressivement exterminés ou assimilés, leur culture et leur spiritualité anéanties. Les baleines ont alors subi ce génocide de leur « famille » comme un traumatisme. Dés lors s’est installé chez elle une défiance légitime vis à vis des « nouveaux » humains qui peuplent désormais les Caraïbes.

Pierre Lavagne de Castellan

0129.DR-jlh-637.568

Peinture rupestre Taino représentant une baleine à bosse.

 

 

Notre mission est de recréer ce lien.

Les trois axes de travail :

  • Au quotidien, l’équipe du Shelltone Whale Project pratique la communication inter espèce avec les baleines à bosse de Guadeloupe en utilisant le Shelltone pour peu à peu installer un dialogue musical entre les baleines et les hommes. Jouer de la musique avec les baleines nous permet de vivre au quotidien une relation particulière avec elles et ainsi pouvoir les côtoyer, vivre des moments d’intimité avec elles, renouer des liens.
  • A l’ Ecole de musique de Petit Bourg, nous préparons la formation d’un orchestre de jeunes musiciens qui apprendront la musique des baleines pour ensuite les emmener en mer jouer avec elles. Voir ici : Ecole de Musique.
  • Nous allons partir à la rencontre des musiciens et scientifiques des autres îles des Caraibes où vivent les baleines à bosse, afin d’initier des échanges pluridisciplinaires.